Ball

Rolf BALL

Après avoir farolf-ballit des études d’Art Plastiques à l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg, Rolf Ball a entrepris des études d’anthropologie sociale et culturelle pour mieux comprendre et intégrer les dimensions de l’homme dans son art.

C’est ainsi que dès le 2ème cycle de ses études universitaires, il a étudié dans un mémoire les relations qui existent entre le cubisme et les masques africains.

Toujours à la recherche d’un « plus » pour enrichir l’art européen tel qu’il est connu, ses investigations étonnent les classiques mais réjouissent ceux qui sont plus modernes et qui intègent les valeurs humanitaires sur le plan planétaire.

Dans sa recherche sur les icônes, tout en retenant le principe de base de la maternité hiératique, il s ‘enrichit par des apports multi-dimensionnels de concepts de maternité d’autres cultures.

Rolf Ball développe un art riche de valeurs culturelles anthropologiques et son évolution dans le domaine artistique, compte tenu de son esprit de chercheur, fait de son art un domaine plein de promesses d’avenir.
Rolf Ball est né à Strasbourg en 1945. Passionné par la peinture dès son plus jeune âge, il décide d’entreprendre des études artistiques aux Arts décoratifs de Strasbourg, sous l’égide de Camille Hirtz, son initiateur et professeur, avec qui il a entretenu une amitié profonde.

Attiré par la préhistoire et l’art des populations traditionnelles, il poursuit des études d’ethnologie à la faculté des Sciences Humaines de Strasbourg, et oriente sa recherche vers l’art africain, l’art pariétal et vers celui d’autres ethnies (Aborigènes d’Australie, Inuits, Incas…).

De nombreuses expositions jalonnent son parcours en France, en Allemagne, en Suisse, au Luxembourg, en Italie… Depuis 1996, il est le président de la Société des Artistes Indépendants d’Alsace.

L’immédiateté de l’émotion

Rencontres et assemblages d’empreintes, de signes, de traces, de graphismes traditionnels et contemporains : c’est ainsi que je conçois mon œuvre.

Pictogrammes et idéogrammes y côtoient des dessins d’enfants et des motifs géométriques rigoureux. Sont associés, par exemple, des expressions enfantines et des icônes byzantines, des graffitis de nos banlieues et des motifs orientaux, des gravures rupestres et des miniatures persanes.

J’annule les distances spatiales et temporelles en mettant en présence immédiate les fragments, les formes, les signes archéologiques, cabalistiques, astrologiques, magiques, des multiples populations de la terre.

En liant les formes archaïques aux formes contemporaines, l’œuvre ainsi métissée se charge d’une nouvelle présence qui nous touche, au même titre qu’un objet sacré révèle au croyant une dimension divine.

Tous ces signes sont volontairement dépouillés de leur contenu symbolique ou religieux afin de laisser l’imaginaire libre de toute interprétation hâtive.

On compare trop souvent les dessins d’enfants aux productions dites primitives. L’enfant participe d’une culture qui n’a rien à voir avec celles des sociétés archaïques. Si ces deux modes d’expression sont souvent mis côte à côte, c’est en fait pour nous rappeler l’enfant que nous étions, avec ses premiers gestes créatifs ; l’enfant qui nous invite à entrer dans l’œuvre des premières traces artistiques de l’homme du paléolithique.

Le contact avec le monde de l’enfance m’a amené à des découvertes inattendues. Quand un enfant dessine ou peint, il oublie tout ce qui est autour de lui : il rentre dans son dessin, dans un profond silence, une réelle concentration. Le créatif est à l’œuvre. Pas de codes ni de conventions, encore moins de modes.

Pas de modes non plus dans mes toiles. Seulement une longue observation et interprétation du monde naissant..

Le regard que je porte sur ce monde est comparable à celui qu’exprime J.-M.G. Le Clézio dans ses romans, lorsqu’il traduit le silence, les profondeurs et la beauté des éléments naturels à travers ses personnages qui semblent en quête ou en partance vers un ailleurs.

De même que j’accorde la priorité au changement, au métissage, à l’imprévu, au hasard des rencontres, je privilégie la présence du rêve et de l’imaginaire, non pas pour m’abstraire d’une réalité, mais au contraire pour aborder celle-ci avec une plus grande conscience. Il me semble qu’une œuvre vit pour être ressentie, perçue, et non pour être réfléchie et analysée. C’est l’immédiateté de l’émotion qui témoigne de la qualité et de la force de l'’oeuvre. Elle résulte d'une longue histoire d’amour et les formes qu’elle prend surgissent du fond de notre être.

Rolf Ball.