Carzou

 

Jean Carzou

, pseudonyme de Karnik Zouloumian, né à Alep (Syrie) le , et mort à Périgueux (Dordogne) le , est un peintre, graveur et décorateur français d'origine arménienne.

Karnik Zouloumian étudie d'abord chez les Pères maristes. En 1924, ses brillants résultats scolaires à l’école Kaloustian du Caire (Égypte) lui valent une bourse de la communauté arménienne.

Il rejoint Paris pour des études d’architecture. À l’approche des années 1930, il « fait des ronds, des carrés » à Montparnasse.

Il vivote grâce à ses caricatures d’hommes politiques publiées dans la presse et à ses dessins sur tissus.

Il peint « loin des écoles », faisant l’expérience nécessaire à l’aboutissement de ses personnages de « peintre-artisan » comme il se nomme.

Depuis 1939, il a organisé plus de cent expositions particulières de ses œuvres à Paris, en province et à l'étranger.

La France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Liban, l’Égypte, le Japon ont accueilli plusieurs de ses expositions d’encres, de crayons, de gouaches ou de pastels étranges.

Il a participé aussi à plusieurs expositions officielles organisées par la France hors d'Europe, et a reçu le prestigieux prix Hallmark à trois reprises (en 1949, 1952 et 1955).

Les Salons

Ses expositions les plus marquantes auront ainsi pour thème « Venise » (1953), « L’Apocalypse »(1957), « Figures rituelles » (1968) et jusqu’à « Versailles » (1994). Depuis son arrivée à Paris jusqu'en 1992, il a exposé au Salon des indépendants, société d'artistes à laquelle il avait adhéré dès 1929, dont il est devenu sociétaire le , envers laquelle il marquait un grand attachement et à laquelle il a été fidèle jusqu'à la fin de ses jours alors qu'il connaissait la célébrité.

Carzou ne se contente pas de peindre des toiles bleues et singulières. Il enchâsse ses tableaux et ses aquarelles dans des médaillons de velours ou de papiers dentelés. À certains critiques d'art qui le qualifient de « décorateur », il lance « vous aurez de la peinture mais aussi du théâtre ».

En 1952, sa réalisation du décor et des costumes pour l'acte des Incas des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau à l'Opéra de Paris le révèle au grand public. Il enchaîne avec Le Loup (1953) pour les Ballets de Roland Petit. Giselle (1954) et Athalie (1955) ravissent les spectateurs de l'Opéra et de la Comédie-Française.

L'art figuratif

En 1977, Carzou dessine lui-même son épée d'académicien avant de faire son entrée à l'Académie des beaux-arts au fauteuil de Jean Bouchaud. Pourfendeur du laxisme de la société moderne en général, et du cubisme en particulier, il estime que Picasso est « une personnalité qui ne fait pas de la peinture ».

Seuls Claude Lorrain, Watteau et Salvador Dalí (sic) sont, selon lui, « de grands peintres ». Il achète aussi des œuvres de ses collègues peintres figuratifs, et notamment de Maurice Boitel à la galerie Drouet, faubourg Saint-Honoré, au début des années 1980.

Auteur d'une importante œuvre lithographique et d'illustration (Les Illuminations de Rimbaud) et de tapisseries, décorateur de chapelle de l'église du couvent de Manosque devenue Fondation Carzou en 1991, l'artiste a vu son œuvre consacrée en 1986, à Vence (Alpes-Maritimes), avec l'ouverture d'un musée privé à son nom, mais qui sera fermé quelques années plus tard.

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