Desmet

 

Cyril DESMET

 

Peintre et graveur, né à Casablanca en 1950, Cyril Desmet a suivi des cours de dessin publicitaire et d'illustration à Paris de 1968 à 1971.

Puis il voyage en Afrique et au Moyen-Orient de 1972 à 1975.

Il s'initie à la gravure à l'atelier de S. et H. Jean en 1986.

En 1987, il fonde l'association de graveurs Images plurielles.

Peinture ou gravure, papier ou toile, l'oeuvre de Cyril Desmet est un puissant philtre onirique.

Ses personnages ont le regard tourné vers le ciel, les nuages, la lune.

Parfois, ils s'envolent, fragiles, incertains, devant le vertige engendré par l'immensité de l'espace.

Femme-chrysalide recevant l'illumination buccale d'un ange papillon sur fond d'ocre et de brun, charmeur de poisson et soleil noir, on bascule dans une fantasmagorie poétique entre le ciel et la terre.

C'est un monde à part entière, reconnaissable au premier coup d'oeil par la qualité des matières chaudes et subtiles, et cette technique particulière de patine qui donne au fond de ces oeuvres ce grain si estompé.

Son univers a pu trouver une expression juste grâce à la technique que l'artiste a mise au point.

Elle a pu s'épanouir sous l'exemple des maîtres anciens auxquels Desmet doit ses plus grandes émotions.

Elle s'est aussi pliée au désir de liberté dont ce voyageur accompli avait besoin pour vivre et peindre en état de grâce.

« Ma motivation initiale était bien prosaïque : réaliser des œuvres plus accessibles à tous que les huiles. Je cherchais donc à m’initier à la lithographie quand le hasard m’a fait rencontrer un couple de graveur, Simone et Henri Jean, qui m’ont donné le premier contact avec cette technique dont je ne savais rien. Ce fut le coup de foudre ! L’odeur de l’encre, la presse, le toucher du papier, tout me séduisit.

L’apprentissage rude, au lieu de me rebuter, m’excita davantage. Je découvris le potentiel énorme de l’eau-forte, un univers qui aujourd’hui partage l’atelier en deux : un coin peinture, un coin gravure.

J’utilise différents brunissoirs et grattoirs. Depuis peu, la pointe sèche m’attire. Je dispose de pointes de sections diverses qui laissent des traces plus ou moins larges sur la plaque. La part de hasard que réserve l’eau-forte me captive. Même averti, le graveur ne maîtrise pas complètement le résultat du bain d’acide. En une minute, la morsure donne un gris pâle, en vingt minutes, c’est un noir intense qui se dépose sur la feuille. Entre les deux extrêmes, il existe une multitude de nuances. La tension est permanente. Après le premier tirage, si souvent décevant, il lentement ajuster, corriger, reprendre…

Si, au début, l’économie financière motivait mon choix, les subtilités du tirage m’ont vite fasciné. L’étape délicate de l’encrage et de l’essuyage demande un coup de main particulier sans lequel le velouté de la gravure disparaît. »

ses gravures sont exposées en permanence à la galerie l'Estampe à Strasbourg.