Gorodine

Alexis Gorodine

offre à nos yeux un riche bestiaire et une collection de plantes comme dans un cabinet de curiosités

Alexis Gorodine vous invite à découvrir un univers mystérieux et originel.

Ses peintures et ses gravures ne portent aucune marque d’un lieu ou d’un temps identifiable.

Sans élément narratif, douces et sensibles, elles sont la représentation naïve d’un monde premier.

Bestiaire constitué de fossiles, d’oiseaux, ou de lièvres, sciences entomologiques et préhistoriques, origine du monde, nature morte…, tous ces composants imprègnent l’œuvre de Gorodine.

L’usure marque toujours picturalement ces visions mystérieuses.

Mais l’effet du temps ne suscite ni nostalgie ni inquiétude, seulement la curiosité de la découverte d’un monde passé.

Des fossiles qui ne font pas leur âge….

 Bribes de corps, silhouettes, traces en quête d’identité, rencontres sacrées, mer pour tout le monde, cadavres exquis de poissons, fossiles encapuchonnés ou faisant la roue comme des paons, regards amusés que la mort a appris de la vie, nous voilà fait habitant d’un sac à malices, pris dans l’ombre portée de nos interrogations…

D’une œuvre à l’autre, gestes, signes, matières passées par pertes ou profits défient notre absence.

Êtres et choses entrent en connivence dans un temps qui prend le temps, nous donnant l’intime conviction d’avoir vécu.

Ces torses, mystérieux étendards, ces coquillages, arbitres d’élégance, semblent contenir quelque chose qui ne viendra pas du dehors, qui nous échapperait pour cause d’aveuglement.

Pour preuve, cette grisaille indicible, gangue féconde d’où s’exhale, tiré de l’oubli, cette confusion de sens et d’âme, cette animalité envoûtante à laquelle se rallier.

Souvenir de libération éphémères, de plénitude paradisiaque avortée, tendre agitation, la mer offre vie et lambeaux de mémoire, célébrations qui se consument ça et là en ex-voto abandonnés.

Nul doute que ces colifichets, actes de présence, trophées magnifiques, serviront un jour notre recours ultime pour un hypothétique sentiment d’éternité.

Ainsi, ces miettes de réel, délicatement ancrées sur papier, ont-elles cette beauté si émouvante dont note irrémédiable exil aime à se parer.

Ses oeuvres sont exposées en permanence à la Galerie l’Estampe à Strasbourg.