Accueil dans le monde de la gravure contemporaine

Gravure contemporaine

Bienvenue sur le site des amateurs de gravure !

Jacques CLAUZEL

Pierre MUCKENSTURM

Thierry Lacan

Voici une apologie de l'Aquagravure, au travers du témoignage de Thierry Lacan, éditeur d'art à Strasbourg

Guillaume Corneille

Corneille
Les oiseaux de feu

Bogart

Bogart
Fleurs multicolores

Introduction

Introduction : Les amateurs de gravure est un site qui fédère une communauté d’artistes autour d’une communauté d’amateurs de gravure contemporaine.

Amateurs d’art contemporain


 

Gravure contemporaine

C’est une entreprise difficile que de faire aimer et comprendre l’art de la gravure contemporaine sans tomber dans la rébarbative leçon technique, l’explication trop poussée dans le détail des recettes, des gestuelles des secrets de fabrication qui permettent aux artistes de faire mûrir en gravure le fruit de leur imagination créatrice. J’ai constaté trop souvent que le grand public, lorsqu’il admirait une gravure sur les cimaises d’une exposition, ignorait totalement en quoi consistaient son élaboration et sa réalisation. On ne peut connaître tous les secrets du métier tous les outils de chaque spécialité. Il me paraît intéressant d’expliquer en quoi consiste le métier de graveur et de faire aimer cet art en connaissance de cause, c’est-à-dire en sachant qu’il exige une grande patience, un refus de compter le temps passé et la fatigue physique et qu’il se passe souvent plusieurs mois entre la mise en route d’une gravure et son aboutissement.

Gravure contemporaine :

J’ai souhaité réunir sur ce site beaucoup de graveurs contemporains dont on ne peut découvrir les travaux qu’en achetant un catalogue à l’occasion d’une exposition ce qui n’est pas accessible à tout le monde. Il me semble qu’il y a un grand nombre de créateurs d’œuvres merveilleuses et que l’accès à ces œuvres est trop limité.

Le graveur joue en écoutant d’autres artistes jouer. Je vois pour ma part comme une parenté intime entre gravure et musique et je souhaite que les visiteurs de ce site partagent mon point de vue : ce balancement entre l’amour de la gravure et l’amour de la musique, ce rapprochement des traits du burin avec les mouvements des archets grattant les cordes, de la gravure au trait avec le trait envolé d’un piano, sans oublier l’expression d’une « gravure rare » qui désigne aussi un disque d’une grande qualité, l’enregistrement musical étant transmis par un sillon gravé en spirale…

Gravure contemporaine :

La musique peut contribuer pour une large part à leur inspiration et, par sa présence chaleureuse, accompagner des gestes souvent répétitifs et un peu fastidieux (je pense au berçage de la plaque la plaque pour obtenir une manière noire par exemple). Je pense aux gestes du buriniste qui obtient un effet de matière en traçant mille traits parallèles dans un geste dont la rythmique obéit à une certaine mesure. Il est vrai que certains gestes artisanaux laissent au graveur une grande disponibilité d’esprit qui lui permet, non pas d’entendre une musique de fond, mais d’écouter ce qu’il aime en l’associant à un travail laborieux. Le résultat obtenu a nécessité une grande application sur le détail, imposé par la matière. Il ne faut pas ignorer que, pour obtenir une forme aérienne d’un gris léger, la main du graveur a dû faire une multitude de petits points réalisés un par un, ce qui peut parfois prendre autant de temps que de composer une symphonie.

L’activité ludique, par son caractère désintéressé, est l’une des caractéristiques de l’activité esthétique. La gravure est, de toute évidence, une activité ludique, et la musique aussi. On parle de « jouer » d’un instrument. En gravure on joue aussi : avec la matière du métal, ou d’autre support, avec la mystérieuse alchimie qui en fera la matrice d’une œuvre d’art.

Gravure contemporaine :

Je m’émerveille toujours devant la diversité d’inspiration, l’astuce de certaines trouvailles. Les graveurs contemporains viennent enrichir cet univers merveilleux qui fait appel aux mêmes procédés et aux mêmes gestes depuis le Moyen-Âge et en faisant preuve d’audace dans le choix de nouveaux supports, d’outils inhabituels de certaines matières, comme le carborundum, et leurs innovations élargissent le champ des expériences.

Je suis tentée d’établir un parallèle entre l’élargissement des procédés de gravure et la transformation de certains instruments de musique, tant il est vrai que les arts se côtoient, car nombre de graveurs écoutent de la musique pendant leur longues heures de travail.

Aquagravure de Corneille ci-dessus :

Corneille Guillaume Van Beverloo naît à Liège de parents néerlandais. Il suit les cours à l’Académie des Beaux Arts d’Amsterdam de 1940 à 1943 où il rencontre Appel. L’enseignement qui y est dispensé est académique, si bien que, comme le rappelle Corneille lui-même, “Van Gogh était tabou et Matisse considéré comme un décorateur”; il cherchera dès que possible à travailler libre de tous modèles imposés.

 

Sa première exposition individuelle en 1946, à Groningue, le montre déjà sensible aux aplats de Dufy, Matisse et Modigliani, puis il expose au Stedelijk Museum d’Amsterdam en 1947 et, en même temps qu’Appel, à la Gildehuys d’Amsterdam. Grâce à l’heureuse rencontre d’une dame hongroise, il se rend à Budapest, débutant ainsi sa destinée de nomade. Si le surnom de “géologue ailé” que lui donna Christian Dotremont était une image poétique, la vocation internationale de Corneille, comme celle de ses amis, était aussi une claire réaction au nationalisme des années hitlériennes. Cette première étape à Budapest, où l’attire l’entrelacs graphiques et éperdu des ruines et des herbes, est fondamentale pour l’approfondissement de sa poétique de libre recherche. Dans la librairie d’ Imre Pan, frère du surréaliste Arpad Mezei, il lit les poètes français, de Rimbaud aux surréalistes, et découvre la peinture de Miro et de Klee. Celui-ci semble parler plus que tout autre à l’âme du jeune Corneille. Les conquêtes que Klee accomplira sur le plan de la couleur, lors de son voyage à Tunis, nous rappellent celles de Corneille quand il se rendra à son tour en Tunisie en 1948 et en 1949. A Budapest, Corneille rencontre aussi le peintre français Jacques Doucet qui lui dévoilera le monde suffocant et triste des graffitis de prison.

à propos de ce site :

Ce site a été conçu en partenariat avec la Galerie l’Estampe à Strasbourg qui a fourni une bonne partie des ressources graphiques. Remerciements à Thierry Lacan pour sa contribution active – Pour plus d’informations >>